8 février 2024

Editorial

Trêve de spéculations. Depuis le 03 février dernier, les prix à la pompe des hydrocarbures ont connu une nouvelle augmentation au Cameroun, après celle du 1er février 2023. Le litre du super coûte désormais 840 Fcfa et non 730 Fcfa précédemment, et celui du gasoil revient à 825 Fcfa au lieu de 717 Fcfa. Soit une augmentation en valeur relative de 15% pour les deux produits. Quant aux prix du gaz domestique et du pétrole lampant, ils restent les mêmes, respectivement 6500 Fcfa la bouteille de 12,5 Kg et 350 Fcfa le litre. Il faut dire que, en dépit de l’annonce de hausse de ces prix faite par le président de la République, Paul Biya, lors de son message à la nation, le 31 décembre 2023 ; cette mesure gouvernementale ne passe pas la rampe auprès des populations. Pis, elle suscite moult levées de boucliers.

« Il faut signaler que cette augmentation va directement causer une inflation et impacter sur le prix des transports routiers et des denrées alimentaires. Le Cameroun, pays producteur des produits pétroliers devient ainsi l’un des pays au monde où le litre du carburant coûte plus cher. Au Gabon, en Guinée Équatoriale, au Tchad et au Nigeria, des pays qui comme le Cameroun dépendent des importations pétrolières, le litre d’essence coûte respectivement : 595, 570, 570 et moins de 500 Fcfa. Lisons donc l’heure jusqu’au jour où on sera fatigué de ces pilleurs qui asphyxient le peuple pour s’enrichir », indiquait un journaliste et lanceur d’alertes camerounais.

Comme lui, plusieurs Camerounais à travers le triangle national n’ont eu de cesse de marquer leur mécontentement face à cette mesure « injuste », surtout qu’aucune compensation n’est pensée. C’est le cas par exemple de l’honorable Cabral Libii, alarmiste aux bords, qui trouve que cette augmentation des prix des hydrocarbures aurait pu être évitée par le gouvernement. Malheureusement, certains dirigeants du pays ont inscrit leurs actions dans la logique de contribuer cyniquement à l’asservissement du bas peuple.

Comment est-ce possible aujourd’hui de ne pas protester ou alors attirer l’attention de l’opinion publique, face à cet emballement des prix, au  moment où les Camerounais, surtout ceux appartenant à la tribu des « have not », pour pasticher l’éminent professeur de philosophie, Hubert Mono Ndzana, de regrettée mémoire, vivent dans une misère noire. Se murer dans le silence face à cette situation très critique, c’est accepter de participer à la dérive du pays ; comme le font l’élite indifférente et embourgeoisée. L’heure est grave.

En fait, l’impression que l’on a aujourd’hui, en lisant l’actualité du pays, est que : soit un projet de sa déstabilisation avance masqué, soit il y a une ahurissante conjuration contre les « pauvres ». Cette classe sociale essentiellement composée de petites mains qui a maille à partir avec les autorités déterminées à l’asphyxier. Plusieurs moyens sont mis à contribution pour arriver à cette fin sinistre. Par exemple, plusieurs abus sont susceptibles d’être des facteurs déclencheurs de soulèvements populaires, quitte à effriter l’unité nationale chère au régime de Yaoundé. Contrairement à il y a quelques années lorsque certains journalistes étrangers, alors traités de tous les noms d’oiseaux de mauvais augure, sonnaient le tocsin ; le Cameroun se trouve aujourd’hui en lévitation au-dessus d’un volcan. C’est vrai que ce pays n’est pas idyllique où coulent le lait et le miel, mais les ressources naturelles et humaines de qualité, dont il est pourvu devraient être le fruit de sa prospérité.

Toutefois, au moment où une très grande partie de population continue de boire le calice jusqu’à la lie, il est lieu, le pire n’excluant pas le meilleur, de jeter le dévolu sur la crème de notre société. Parlant de crème, c’est faire allusion à ces hommes qui œuvrent au quotidien pour faire triompher la justice, la paix, l’unité nationale…Dans ce registre, on trouve en bonne place par exemple le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), Henri Eyebe Ayissi, qui vient de prendre des mesures visant la maîtrise des dépenses de consommation de l’énergie électrique dans les services du Mindcaf au sein de l’immeuble ministériel n°2 à Yaoundé. Et pourquoi ne pas citer ici, un jeune loup aux dents longues, Marcel Nsi Ndtoungou, le président du Mouvement pour un nouveau Cameroun (Mnc), parti politique créé en novembre 2023. Cet homme d’action et d’ambition qui arbore plusieurs casquettes. Il est patron des médias, ancien d’église, promoteur sportif et culturel, homme politique et dépositaire de la tradition Béti.

   Le Dp des DP

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